La Clinique du Street Art

Juste à côté de la cathédrale, une grille marque l’entrée de la clinique. Un bar dans la cour, de la musique, des tables, des fauteuils et un canapé, l’entrée dans l’exposition se fait par une porte battante. Péguy la 40aine, infirmière, ancienne salariée, découvre pour la première fois depuis sa fermeture, son ancienne clinique : “C’est fait super bizarre. Ici c’était des bureaux auxquels, on n’avait pas accès. C’était fermé. C’est bizarre comme ça paraît hanté et habité.

Clinique du Street Art - RNST
Clinique du Street Art – RNST

– laetitia Gayet

On déambule avec elle dans un véritable labyrinthe, 1000m2 carré d’exposition, lampe sur le front, jusqu’à la pièce d’accueil de la clinique. Sur les murs, des œuvres de Kogaone et Dawal, des personnages de chats colorés façons dessins animés. Dans la pièce, le bureau lui, a été laissé là : “Là je revois Christiane. C’était une des filles de l’accueil avec qui j’ai sympathisé. Et nous quand on arrivait le soir, on s’asseyait juste devant et on rentrait juste par là.

Publicité

60 ans de street art

Clinique du Street Art -  Zloty
Clinique du Street Art – Zloty

– Laetitia Gayet

Bob Jeudi, le commissaire, a voulu retracer 60 ans de vision du Street art. Les artistes qui ont investi les lieux ont entre 23 et 82 ans. Le plus ancien, Zloty, ouvre l’exposition. Il a peint à la bombe une multitude de visages ronds, des yeux, une bouche, rien d’autre. “Il est né en 40, il a perdu ses parents dans les camps” explique Bob Jeudi. “Toutes ses oeuvres s’appellent des éphémères. Elles rappellent au monde que les hommes sont fous mais heureusement, éphémères.”

Clinique du Street Art - Nesta
Clinique du Street Art – Nesta

– Laetitia Gayet

Nesta lui, a 47 ans. Originaire de Grenoble, il a commencé adolescent en faisant des graffitis. Son oeuvre se trouve au fond d’un couloir, dans une salle de consultation. Sur les murs, les œuvres s’enchaînent. Ici un chat radiographié avec des pansements, une tortue qui porte le monde sur sa carapace, une installation de mannequins qui tentent de respirer via des masques reliés à des plantes. “Moi je travaille sur le temps qui passe, par l’intermédiaire des végétaux qui reprennent sur les lieux abandonnés. Donc j’ai fait entrer des végétaux que j’ai peint à l’intérieur de la pièce. Certaines sont des vraies plantes, d’autres sont imaginaires. Moi venant du graffitis, j’aime bien ce côté très tranché des couleurs.”

Une exposition éphémère

Les 31 artistes ont eu 2 jours chacun pour réaliser leurs œuvres dans les espaces de la clinique qui leur ont été réservés.
Une urgence qui s’explique par une exposition qui s’est mise en place en dix jours à peine. Mais le succès est là. Plus de 14.000 visiteurs depuis le 30 juin. Des anciens salariés de la clinique comme Péguy ou des plus jeunes comme Chloé irlandaise, étudiante à Tours séduite par une visite à la frontale : “C’est comme si vous faisiez partie de l’œuvre. Vous oubliez où vous êtes. Vous n’avez pas d’autres choix que de vous y confronter. C’est la première fois que je vois quelque comme ça en France. Ca fait penser à ce qu’on peut voir à Berlin ou ailleurs. Mais c’est vraiment cool à voir.”

Clinique du Street Art - Bour
Clinique du Street Art – Bour

– Laetitia Gayet

Mais la Clinique n’est pas vouée à rester un lieu d’exposition. Que deviendront alors les œuvres exposées ? Nesta et Bob Jeudi disent de concert, qu’elles sont vouées à être détruites car le lieu est voué à être réhabilité. “On connaît le deal quand on vient ici” dit Nesta. “Moi j’ai l’habitude” assure Bob Jeudi qui découvrit l’art urbain au début des années 90. “C’est fait pour partir. Et y’en a d’autres qui viendront. L’éphémère est-il intrinsèque au street-art ? La question fait débat chez les artistes de Street art. Pour la clinique, Nesta dit aujourd’hui préférer que son œuvre disparaisse plutôt que de ne pas savoir ce qu’elle devient.  La Clinique du Street Art – Expo jusqu’en septembre 2024.

Oh hi there 👋
It’s nice to meet you.

Sign up to receive awesome content in your inbox, everyday.

We don’t spam! Read our [link]privacy policy[/link] for more info.