
Une trentaine d’œuvres du street artist M.Chat sont à retrouver dans le 3e arrondissement de la capitale jusqu’au 13 janvier prochain. Non pas sur les murs autour de la station Arts et Métiers, mais bien au cœur de la galerie Brugier Rigail, à travers différents toiles et collages. Un choix qui peut paraître paradoxal lorsque l’expression artistique a débuté dans la rue.
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« Le milieu urbain n’est plus intéressant »
Avec un style reconnaissable entre mille, le sourire du félin dessiné par M.Chat s’affiche dès l’entrée de la galerie, dans l’étroite rue Volta. Quelques fans de cet artiste singulier ont fait le déplacement pour le vernissage de l’exposition Réflexions urbaines, histoire de fêter 25 ans de carrière.
À cette occasion, le peintre franco-suisse Thoma Vuille (de son vrai nom) dévoile des peintures sur plans de villes et de pays retraçant le parcours de son chat dans le monde. D’autres œuvres représentent également l’icône du street art sur des paysages familiers, notamment les toits de Paris : un vrai classique. « Le milieu urbain n’est plus intéressant », regrette M.Chat. « Aujourd’hui, il n’y a plus de place, ou alors uniquement pour d’énormes façades ou des messages publicitaires. Sans compter que les œuvres sont de plus en plus effacées. En ce moment, je peins sur le placard de ma cuisine, donc je trouve plus d’inspiration dans le mobilier que dans le terrain urbain. C’est trop compliqué en ce moment. »
Des œuvres mises en vente
Si le mythique chat jaune de Thoma Vuille est toujours visible dans les rues de Rennes, Orléans, Nantes, New York, Séoul, Dakar, et bien sûr Paris, il risque de se faire plus rare dans les années qui viennent. « L’idée c’était d’aller sur des zones complètement vierges, mais le street art va bientôt mourir », annonce avec fatalité M.Chat. « Les fondateurs européens du graffiti sont en train de désavouer le street art, donc c’est le début de la fin. Je n’ai pas d’inquiétude avec ça… Quand on fait de l’art, il est partout : street art, graffiti, pop art, art pompier… Des mouvements, il y en a toujours eu. L’important c’est d’avoir un coup d’avance, et d’avancer. »
Cette exposition a aussi un but commercial pour l’artiste. D’ailleurs les œuvres exposées peuvent être achetées, avec des prix variant entre 350 et 21 000 euros. Pour des budgets un peu plus modestes, des sérigraphies sont disponibles à partir de 240 euros.
Infos Pratiques
Exposition « Réflexions Urbaines », la galerie Brugier-Rigail, 40 rue Volta
Du 30 novembre 2023 au 13 janvier 2024, de 11 heures à 19 heures
Entrée libre
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